Le Canada annonce un plan d’action climatique de 15 milliards de dollars pour atteindre ses objectifs économiques et environnementaux.
Intitulé « Un environnement sain et une économie saine », ce plan devrait permettre au pays de dépasser sa cible de réduction des gaz à effet de serre (GES). Ainsi, la nouvelle cible devrait passer de 30% à 32 % voire 40 % sous les niveaux de 2005 d’ici 2030.
- M. Jonathan Wilkinson, Ministre de l’Environnement
Pour atteindre cet objectif, Ottawa prévoit augmenter la taxe fédérale sur le carbone à 15$ par tonne d'émissions de GES après 2022. Rappelons que la taxe carbone a été établie à 20$ par tonne en 2019. Elle atteindra 50$ la tonne en 2022 pour une augmentation annuelle de 10$. D’ici 2030, elle franchira le cap des 170$ la tonne. Cette taxe est destinée aux provinces qui n’ont pas de système de réduction de GES.

Le gouvernement prévoit aussi redistribuer les recettes issues de cette taxe carbone aux ménages sur une base trimestrielle dès 2022 plutôt que sur une base annuelle actuellement.
- M. Justin Trudeau, Premier ministre du Canada
Le plan comporte de nouvelles mesures qui devraient contribuer à la création d'emplois, à la croissance de la classe moyenne et au soutien des travailleurs tout en favorisant la transition vers une économie plus propre.
Ce « plan climatique renforcé » tend à réduire la pollution et le gaspillage d’énergie, et à bâtir des infrastructures propres. Ainsi, 1,5 milliard de dollars sur 3 ans seraient investis dans la construction de bâtiments communautaires écologiques. En Outre, 2,6 milliards de dollars sur 7 ans seraient accordés aux propriétaires pour les aider à rendre leur habitation plus écoénergétique. D’autres projets axés sur l’énergie renouvelable intelligente devraient aussi bénéficier de l’investissement fédéral.
En matière de transport, le gouvernement Trudeau compte injecter 287 millions de dollars supplémentaires sur deux ans pour prolonger le programme d’incitatif pour les véhicules zéro émission (iVZE) jusqu’en mars 2022. Ce programme prévoit une remise maximale de 5 000 dollars pour un véhicule léger à zéro émission.
Le plan vise aussi aider les industries canadiennes dans l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies de transition de leurs installations vers des émissions carboneutres d’ici 2050.
Aussi, pour soutenir la décarbonisation et favoriser la création d’emplois « bien rémunérés et résilients », le Fonds stratégique pour l’innovation mettrait en œuvre le fonds d’accélération de la carboneutralité doté de 3 milliards de dollars répartis sur 5 ans. Ce fonds devrait permettre de développer les technologies propres et d’accélérer la transformation industrielle dans tous les secteurs.
- M. Navdeep Bains, Ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie
Les Libéraux devraient également investir 1,5 milliard de dollars dans un fonds destiné à accroître la production et l’utilisation de combustibles à faible teneur en carbone et à émissions nulles tels que l’hydrogène, le gaz naturel et l’éthanol cellulosique.
Une somme de 165,7 millions de dollars sur sept ans devrait être allouée au secteur agricole pour mettre au point des technologies propres transformatrices et aider les agriculteurs à prendre le virage vert.

3,16 milliards de dollars sur dix ans serviront par ailleurs à planter deux milliards d’arbres. Et afin de stimuler la séquestration du carbone, 631 millions de dollars sur dix ans devraient être accordés à la restauration et l’amélioration des zones humides, des tourbières, des prairies et des terres agricoles. Ces initiatives seraient mises en œuvre en partenariat avec les provinces, les territoires, les organisations de conservation, les communautés autochtones et les propriétaires fonciers.
Ces mesures réjouissent les organisations environnementales qui exigent du même souffle plus d’engagement de la part du gouvernement. Greenpeace parle d’un plan sérieux pour atteindre l’objectif de réduction des émissions de 30% pour 2030. Mais invite les Libéraux de Justin Trudeau à respecter davantage « la science du climat » et à « décarboner entièrement l’économie [afin] de protéger la société canadienne et les écosystèmes». Le Canada ne peut pas continuer à prétendre qu’il peut résoudre la crise climatique tout en augmentant sa production de pétrole et de gaz et en construisant de nouveaux pipelines, dénonce l’organisation de protection de l'environnement dans un communiqué.