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Hausse inquiétante de la température des océans

Vendredi 29 Mars, 2019 09:18 | Oecologi@



Les océans battent des records de chaleur en 2018. C’est ce qui ressort du dernier rapport sur l'état du climat dans le monde de l’Organisation météorologique mondiale (OMM).

Les experts de l’organisation onusienne précisent que cette hausse a des conséquences néfastes sur les écosystèmes marins. Elle se traduit notamment par le blanchissement des coraux, la diminution de la teneur en oxygène de l’océan et la disparition du «carbone bleu» telles que les mangroves.




En outre, le réchauffement de l'océan est une cause directe de l'élévation du niveau de la mer. Les chercheurs de l’OMM ont confirmé une accélération du rythme de la hausse du niveau de la mer. Ainsi, entre janvier 1993 et décembre 2018, le rythme annuel moyen d’élévation du niveau de la mer était de 3,15 mm, soit une accélération de 0,1 mm/an. L’année 2018 a connu le plus haut niveau jamais enregistré avec 3,7 mm de plus qu’en 2017.






Le niveau de la mer augmenterait de 65 centimètres d'ici 2100


Des études de la NASA indiquent qu’à ce rythme, le niveau de la mer augmenterait de 65 centimètres d'ici 2100, ce qui présente une menace pour les villes côtières, ajoutant que la dilatation thermique représente 33% à 50% de la hausse du niveau de la mer au niveau mondiale.


Source: Initiative sur le changement climatique relevant de l’Agence spatiale européenne

Par ailleurs, l’OMM explique dans sa publication que la teneur des gaz à effet de serre (GES) - principaux facteurs du changement climatique - dans l’atmosphère est en perpétuelle augmentation. En 2018, une quantité record estimée à 36,9 milliards de tonnes de CO2 a été rejetée dans l’atmosphère.

D’autres études prédisent une augmentation de la température des océans à 2.000 mètres de profondeur de près de 0,8 °C d'ici la fin du siècle si rien n'est fait pour réduire les émissions de GES.



62 millions de personnes victimes de catastrophes naturelles liées à des phénomènes météorologiques et climatiques


De plus, en 2018, les catastrophes naturelles dont la plus part étaient liées à des phénomènes météorologiques et climatiques ont fait près de 62 millions de victimes.


© Photo : Cyclone Idai, Mozambique, evacuees in Beira, 21 March 2019 (Denis Onyodi- IFRC/DRK/Climate Centre)

Comme par le passé, ce sont les inondations qui ont touché le plus de personnes avec plus de 35 millions de sinistrés. La sécheresse a quant à elle affecté plus de 9 millions de personnes. Les vagues de chaleur intense et les incendies de forêt ont, pour leur part, fait plus de 1600 morts en Europe, au Japon et aux Etats-Unis et causé des dommages matériels dans ce dernier pays d’environ de 24 milliards de dollars, un chiffre record.



821 millions de personnes souffrent de la malnutrition


Le rapport de l’OMM établi aussi un lien entre les phénomènes climatiques et la sécurité alimentaire. Les auteurs constatent une hausse de la faim dans le monde. Ils seraient 821 millions de personnes à souffrir de la sous-alimentation, en 2017.


© UN Photo/Albert González Farran Photo Date- 25/09/2013

Sur le continent noir, pendant la même année, 59 millions de personnes dans 24 pays avaient besoin d’une aide humanitaire d’urgence. Les experts attribuent cette situation au phénomène El Niño de 2015-2016 - le plus dévastateur depuis celui de 1997-1998 - qui a entrainé de graves épisodes de sécheresse. Les scientifiques ajoutent que sur les 40 pays qui continuent d’avoir besoin d’une aide alimentaire extérieure, 31 sont en Afrique.



Plus de 2 millions de déplacés climatiques


Quant à l’impact des risques climatiques sur la mobilité des populations, le document révèle que sur les 17,7 millions de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, plus de 2 millions l’étaient en raison de catastrophes liées à des phénomènes météorologiques et climatiques en septembre 2018.


© Photo : Cyclone Idai, Mozambique, evacuees in Beira, 21 March 2019 (Denis Onyodi- IFRC/DRK/Climate Centre)

M. Omar Baddour, coordonnateur du Rapport annuel sur le climat de l’OMM fait le point sur les faits saillants de cette publication.


Capture d'écran - Fonte de la banquise - NASA Science

Propos recueillis par Cristina Silveiro - ONU Info