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Énergie Est : passera, passera pas ?
Partie I- L’eau première préoccupation

Jeudi 21 Avril, 2016  10:27  |   Oecologi@



La compagnie albertaine TransCanada compte construire un pipeline d’une longueur de 4600 kilomètres. Il devrait transporter un peu plus d’un million de barils de pétrole brut par jour de l’Ouest du Canada vers des raffineries de l’Est du pays.



Ce projet suscite beaucoup d’inquiétudes chez des citoyens et des groupes environnementaux. D’après Steven Guilbeault, directeur principal d’Équiterre, l’oléoduc aurait un impact considérable sur l’environnement et les changements climatiques.

Oecologi@ - M. Steven Guilbeault, directeur principal d’Équiterre
M.Steven Guilbeault - Directeur principal, Équiterre
Photo : Capture d'écran - Oecologi@



« Le pipeline transporterait 1,1 millions de barils par jour, c’est un quatre-vingt dixième de toute la consommation mondiale de pétrole » Steven Guilbeault - Équiterre


Au Québec, le projet devrait traverser le fleuve Saint Laurent à environ 250km à l’est de Montréal. Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie à Greenpeace Canada, précise qu’en cas de bris, c’est l’eau potable de pratiquement toute la région de Montréal qui serait menacée.

Oecologi@ - M. Patrick Bonin - Responsable de la campagne Climat-Énergie,  Greenpeace Canada
M. Patrick Bonin - Responsable de la campagne Climat-Énergie, Greenpeace Canada
Photo : Capture d'écran - Oecologi@


« Produire du pétrole issu des sables bitumineux équivaudrait à ajouter 7 millions de véhicules sur les routes » Patrick Bonin - Greenpeace


Énergie Est devrait traverser près de 3 000 plans d’eau à travers le Canada. Un rapport produit début avril 2016 par des groupes environnementaux intitulé « Énergie Est : une menace à l’eau potable », prévient qu’en cas de déversement, c’est plus de 5 millions de Canadiens qui seraient affectés par la qualité de l’eau potable dont plus de 3 millions au Québec.

Oecologi@ - Pipeline, Crédit Conseil des Canadiens

« Énergie Est menace la qualité de l’eau potable de plus de cinq millions de personnes au Canada »

TransCanada soutient que le risque de déversement est très minime et que le pipeline est plus sécuritaire que les autres modes de transport de pétrole. Le porte-parole du projet Oléoduc Énergie Est, Tim Duboyce, affirme que les accidents surviennent lors d’interférence d’une tierce partie.

Oecolog@ - M. Tim Duboyce- Mporte-parole du projet Oléoduc Énergie Est, TransCanada
M. Tim Duboyce - Porte-parole du projet Oléoduc Énergie Est, TransCanada
Photo : M. Tim Duboyce

« Notre objectif en tout temps c’est zéro incident sur nos pipelines. […] Quand on parle de l’intégrité du pipeline en soit, le risque principal c’est une interférence d’une tierce partie».  Tim Duboyce - TransCanada

Mais en cas de bris dans le pipeline, TransCanada est incapable de déterminer le volume de pétrole qui s’écoulerait et le temps que ça prendrait pour résorber le déversement.

Oecologi@ - Énergie Est : carte du sénario le plus défavorable

Du 07 au 17 Mars 2016, s’est tenu à Lévis la première partie des consultations du BAPE : le Bureau d’audience publique sur l’environnement au Québec. Dans son intervention, TransCanada a choisi la rivière Etchemin pour présenter le scénario de déversement accidentel le plus défavorable. Ainsi dans le cas d’une rupture totale de la canalisation au point de traverse de la rivière Etchemin, 22 mille barils de pétrole - soit l’équivalent de 3,4 millions de litres de pétrole - seraient déversés dans le fleuve Saint-Laurent en un peu plus de 5h.



Oecologi@ - Graphe/statistiques : moyens de transport de pétrole le plus sécuritaire

Selon un sondage réalisé par Ekos pour le compte de CBC/ Radio Canada, 70% des Canadiens estiment que le transport de pétrole par pipeline sur les grandes distances est sécuritaire. Par ailleurs, 31% des Canadiens croient que le pipeline est le moyen de transport le plus sécuritaire contre 7% pour le bateau, 5% pour le train et 4% pour le camion.

Oecologi@ - Angela Giles, organisatrice régionale pour l’Atlantique - Conseil des Canadiens
Mme Angela Giles - Organisatrice régionale pour l’Atlantique, Conseil des Canadiens
Photo : Capture d'écran - Oecologi@

Malgré ces chiffres, Angela Giles, organisatrice régionale pour l’Atlantique au sein du Conseil des Canadiens, soutient que compte tenu des antécédents de TransCanada, le projet Énergie Est présenterait des risques probables de déversement.