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Des écologistes canadiens et des autochtones s’opposent à l’agrandissement du pipeline Trans Mountain

Lundi 24 Juin, 2019  09: 59  | Oecologi@



Au Canada, l’expansion de l’oléoduc Trans Mountain (TMX) soulève des mécontentements au sein de l’opposition gouvernementale, des écologistes et de certains groupes des Premières nations.




Il s’agit d’un dédoublement du pipeline qui doit permettre l’acheminement des sables bitumineux de l'Alberta à la Colombie-Britannique dans l’Ouest canadien. Après son achèvement, l’oléoduc verra sa capacité quasiment tripler passant de 300 000 à 890 000 barils par jour.




Si l’Alberta applaudi cette décision, la Colombie-Britannique craint, quand à elle, que l’augmentation de la circulation maritime - une fois le projet terminé - ait des répercussions négatives sur la population d’épaulards du sud, considérée comme une espèce menacée.

Certaines communautés autochtones opposées au projet exigent du gouvernement fédéral des réponses quant aux conséquences d’un éventuel déversement et l’impact de la nuisance sonore sur les espèces marines. Ils comptent aussi contester l’expansion de l’oléoduc TMX devant la Cour d’appel fédérale. Le gouvernement Trudeau a assuré avoir pris les mesures nécessaires pour dissiper ces inquiétudes.




Les écologistes, pour leur part, dénoncent un double discours du Premier ministre qui a annoncé, mercredi 18 juin, que les travaux du TMX commenceront cet été. Un jour plus tard, son gouvernement a proclamé l’ « urgence climatique nationale ».




Justin Trudeau défend sa décision par le fait que sur le plan écologique, le transport de pétrole par oléoduc est plus sécuritaire que son acheminement par train. Il assure en outre que le projet aurait des retombées économiques importantes d’autant plus qu’à travers l’agrandissement du TMX, le Canada étendrait ses exportations vers l’Asie et réduirait ainsi sa dépendance envers les Etats-Unis - son unique client actuellement.




En outre, le Premier ministre s’est engagé à investir tous les profits dans la transition écologique. «On va investir cet argent et les profits générés par la vente de l’oléoduc dans les projets d’énergie renouvelable qui vont alimenter nos maisons, nos entreprises, et nos communautés pour des générations à venir» , a-t-il rassuré.

Trans Mountain était la propriété de la compagnie américaine Kinder Morgan. Cette dernière a dû abandonner le projet sous la pression des mouvements d'opposition, ce qui a poussé le gouvernement canadien à acheter le pipeline pour la somme de 4,5 milliards de dollars vers la fin août 2018. Ottawa a toutefois précisé qu’il ne souhaiterait pas demeurer propriétaire de l'oléoduc à long terme.